Compléments alimentaires: définition et réglementation
Les compléments alimentaires se situent entre les aliments et les médicaments. Leur statut et leur composition sont encadrés par la réglementation, mais leur efficacité est rarement prouvée. Attention aux produits achetés à l'étranger via Internet, car ils peuvent contenir des ingrédients douteux.
Qu’est-ce qu’un complément alimentaire ?
Vendus sans ordonnance, les compléments alimentaires se situent entre les aliments et les médicaments. Un décret "Compléments alimentaires" a été publié en mars 2006 en France (transposant la directive européenne 2002/46/CE), qui définit les compléments alimentaires comme des "denrées alimentaires ayant un effet nutritionnel ou physiologique, commercialisées sous la forme de gélules, pastilles, comprimés, ampoules, capsules, tisanes ou solutions buvables dont le but est de compléter notre régime alimentaire habituel".
Ils peuvent contenir des aliments classiques, des nutriments (vitamines, minéraux), des plantes, et d'autres substances actives telles que des protéines, des acides gras ou des antioxydants.
Ils se distinguent des médicaments car ils ne doivent pas contenir de substances ayant des propriétés curatives. Ils n’ont donc pas d’effets pharmacologiques permettant de prévenir ou de soigner des maladies. Ils agissent plutôt au niveau du bien-être, de la forme ou de la beauté (minceur, cheveux et ongles, tonus, ménopause, reminéralisants osseux, stress et sommeil, ophtalmologie...).
Ingrédients autorisés et réglementation
Les compléments alimentaires, qu'ils soient vendus sur internet (à condition que le site soit français!), en pharmacies et parapharmacies, en grandes surfaces, ou dans les magasins de produits bio, sont soumis à la même réglementation.
Grâce à leur statut de denrée alimentaire, ils n'ont pas besoin d'obtenir l'autorisation de mise en marché (AMM) à laquelle sont soumis les médicaments. Ils doivent simplement respecter la réglementation qui s'applique aux produits alimentaires: pour caricaturer, on peut presque mettre n'importe quoi dans un complément alimentaire, pourvu que ce soit comestible!
Il existe une liste positive des ingrédients autorisés, mais il est facile de ruser. En effet, si le fabricant veut utiliser un ingrédient n'apparaissant pas sur la liste, il lui suffit de le signaler à la DGCCRF. Si celle-ci ne répond pas dans les deux mois, il peut commercialiser son produit sans être inquiété! Pire, si dans les 12 mois, la DGCCRF ne s'est toujours pas manifestée, cet ingrédient est ajouté à la liste positive... Avec les quelques 500 nouveaux produits mis chaque année sur le marché, difficile d'exercer un contrôle systématique.
Allégations santé, études cliniques et législation
Par ailleurs, les fabricants ne sont pas tenus de fournir une étude clinique qui permettrait de prouver l'efficacité et l'innocuité de leur produit sur un échantillon de personnes. Ainsi, toutes les allégations que vous pouvez lire sur les étiquettes ne sont pas systématiquement validées scientifiquement: certains laboratoires sérieux font l'effort de prouver l'efficacité de leurs produits, mais d'autres, moins scrupuleux, vendent (à prix d'or) de la poudre de perlimpimpin et de fausses promesses!
La DGCCRF, là encore, est censée contrôler les différentes allégations: en cas de doute, elle transmet le dossier à l'AFSSA (agence française de sécurité sanitaire des aliments) qui rend un avis en s'appuyant sur des éléments scientifiques. Mais avec seulement 8 dossiers transmis en 2006, on peut se demander combien de dossiers douteux ont malgré tout réussi à passer à travers les mailles du filet...
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