La Saint Valentin, fête commerciale ou tradition antique?
La Saint Valentin, à qui l'on reproche parfois d'être une fête commerciale, a des origines lointaines. Cette fête des amoureux est profondément ancrée dans la tradition populaire, et même dans la mythologie.
Les origines antiques: les fêtes des Lupercales, célébrant la fécondité
Les origines possibles sont variées, et les plus anciennes remontent à l'Antiquité. Dans la grecque antique, la période entre mi-janvier et mi-février correspondait au mois de Gamélion, et célébrait le mariage entre Zeus et Héra. Chez les Romains, les jours situés autour du 15 février étaient l'occasion des Lupercales, fêtes de la fertilité, de la fécondité, et, par extension, de l'amour. Lupercus était en effet le dieu de la fécondité, protecteur des champs et des troupeaux. Ces fêtes des Lupercales célébraient aussi Junon, déesse romaine des femmes et du mariage, et Pan, dieu de la nature.
Christianisation de la fête païenne: canonisation de Saint Valentin
L'Eglise catholique ne voyait pas d'un très bon oeil ces fêtes païennes. Le pape Gélase Ier décida donc, vers la fin du 5ème siècle, de fixer au 14 février la date de la Saint Valentin. Ainsi les chrétiens -les catholiques- pourraient-ils continuer à célébrer cette fête d'origine païenne, sous le couvert d'un martyr chrétien, Valentin. En fait, plusieurs martyrs du nom de Valentin furent canonisés par l'Eglise, et il est difficile de savoir pourquoi c'est ce prénom de saint qui a été choisi pour être associé à la fête de l'amour.
On dit qu'un certain prêtre, Valentin, maria en secret des jeunes couples autour de 200 après Jésus-Christ. A cette époque, sous l'empereur Claude II, une loi interdisait aux jeunes hommes de se marier tôt, car les célibataires, sans attaches, faisaient de meilleurs soldats. Ce prêtre fut arrêté et exécuté, paraît-il, le 14 février 268 (ou 270 selon les versions). C'est donc ce martyr, du nom de Valentin, qui fut canonisé et choisi pour la christianisation d'une fête d'origine païenne.
Le Moyen-Age: la mode des billets doux apparaît en Angleterre et en France
Quant à la tradition de l'échange de billets doux, voire de poèmes, elle ne date que du Moyen-Age. Jusqu'alors, c'était l'amour physique qui était célébré lors de la Saint Valentin, et, à l'époque médiévale, on commence à célébrer l'amour courtois. Des poètes anglais tels que John Gower ou Geoffroy Chaucer y font allusion, et c'est Charles d'Orléans qui, à son retour de 25 ans de captivité en Angleterre suite à sa défaite à la bataille d'Azincourt en 1415, diffuse la tradition des mots doux à la Cour de France. Ces messages d'amour, que l'on s'échangeait le 14 février, étaient appelés des "valentines".
Tradition populaire et rurale: le tirage au sort des fiancées
Mais la Saint Valentin est aussi une fête faisant partie de la tradition populaire. C'est à partir de la mi-février que les oiseaux commencent à s'accoupler. La Saint Valentin marque donc le début de la saison des amours chez de nombreux animaux, et dans les campagnes, on trouva opportun de s'inspirer de l'exemple de la nature et de mettre à profit cette date pour unir les jeunes personnes à marier.
Cette fête était donc l'occasion pour les jeunes célibataires, dans les villages, de trouver leur moitié. On organisait des tirages au sort (les prénoms des jeunes filles non mariées étaient inscrits sur des bouts de papier, et tirés au sort par les jeunes gens "libres") ou des parties de cache-cache (chaque jeune fille à marier se cachait, et le jeune homme qui la trouvait devait, paraît-il, l'épouser... l'histoire ne dit pas si ça marchait vraiment!).








