L'agriculture bio contre la faim dans le monde?
L'agriculture bio serait autant capable de nourrir la planète que les cultures végétales conventionnelles, avec moins d'impacts sur l'environnement et plus d'avantages pour les populations des pays en développement: emploi, revenu, indépendance...
L'agriculture biologique dans le monde
L'agriculture biologique est pratiquée dans 120 pays. En 2005, elle représentait 31 millions d'hectares, soit 2% des terres agricoles mondiales, pour un marché de 40 milliards de dollars. Elle concerne bien sûr les pays riches (France, Italie, Angleterre, Allemagne, Etats-Unis et... Autriche, où 18% des surfaces agricoles sont en bio!) mais aussi d'autres pays moins favorisés: en Asie, en Amérique Latine, en Afrique, des communautés paysannes font le choix du bio. C'est donc que le bio est généralisable aux pays plus pauvres... et qu'ils y trouvent leur intérêt.
L'agriculture bio permet de meilleurs rendements dans les zones peu fertiles
De nombreuses études le prouvent: le passage de l'agriculture conventionnelle à l'agriculture bio, sur les sols pauvres ou les régions sèches, assure de meilleurs rendements, notamment en améliorant la quantité de matière organique dans le sol.
• Une étude de l'Université d'Essex, portant sur l'analyse de 200 projets agricoles dans des pays en voie de développement montre un rendement en bio supérieur de 93%.
• Une étude menée sur plus de 1000 fermes situées dans une zone sèche du centre de l'Inde indique que les productions en coton, blé et piment bio sont jusqu'à 20% plus élevées qu'en conventionnel.
• L'université du Michigan (Bradley) a, de son côté, réalisé une synthèse de 293 publications et a mis en évidence que la conversion au bio dans les pays en développement améliorerait de 80% les rendements.
De nombreux avantages à la conversion au bio pour les pays pauvres
En dehors de la question des rendements, l'agriculture biologique présente de multiples avantages pour les cultivateurs des pays en développement. La FAO encourage même les gouvernements à développer le bio, comme l'indique un rapport de mai 2007 sur l'agriculture biologique et la sécurité alimentaire.
• D'abord, elle n'utilise pas d'engrais et pesticides chimiques, et moins de carburants fossiles (d'ailleurs, les engrais chimiques sont fabriqués avec du pétrole...): c'est moins de pollution pour l'environnement, mais aussi moins de coûts, moins d'endettement et plus d'indépendance pour les agriculteurs. Car avec l'agriculture industrielle, le cultivateur s'engage dans un cercle vicieux: il s'endette en achetant -cher- des semences hybrides ou OGM ainsi que des pesticides, et sa terre, morte à force de traitements chimiques, ne produit pas sans engrais de synthèse... qui coûtent cher eux aussi!
• L'agriculture bio limite l'érosion des sols, en maintenant une couverture végétale là où l'agriculture conventionnelle aurait laissé la terre à nu (grâce aux cultures associées, à l'enherbement...). Elle maintient les sols vivants, en protégeant la matière organique qu'ils contiennent. Or, un sol riche en matière organique est plus fertile et retient mieux l'eau de pluie.
• Elle permet une meilleure adaptation des systèmes agricoles aux conditions climatiques, en ayant recours à des races animales et des variétés végétales locales, traditionnelles, compatibles avec les contraintes du milieu (inondations, sécheresses, vent...).
• Enfin, elle emploie davantage de main d'oeuvre: cela assure des emplois et un revenu aux populations locales, et réduit ainsi l'exode rural (et la croissance des bidonvilles autour des grandes agglomérations).
Il ne faut néanmoins pas perdre de vue que l'agriculture bio impose également des contraintes aux cultivateurs, parfois difficiles à supporter dans les pays en développement. Il est difficile de remplacer totalement l'agriculture conventionnelle par du bio à l'échelle mondiale.
En savoir plus
L'agriculture biologique est bénéfique pour les pays en développement (rapport FAO, mai 2007)
Un article très complet et détaillé sur "le bio peut-il nous nourrir tous?" Crédit photo: flickr.com/Jonathan Talbot-World Resources Institute, ©Petr Kurecka/Fotolia.com





