Crème hydratante = cancer.. pas si vite !
On devait s'y attendre face au boom du marché de la cosmétique bio,
bon nombre de nouveaux acteurs sont arrivés sur le marché. Alors que de
nouvelles marques fleurissent chaque jour, certaines affichent un réel
engagement et une vrai philosophie de respect (de la nature, de l'homme
et des animaux) alors que d'autres n'ont parfois de bio que le nom
qu'elles n'ont même pour certaines pas le droit d'afficher !
Que choisir a décidé ce mois ci d'y consacrer un dossier intitulé «
cosmétiques bio, quelle est leur vrai nature ? Ce dossier tente
d'analyser « les allégations biologiques ou naturelles qui fleurissent,
toujours plus nombreuses, sur les emballages des cosmétiques. Simple
argument marketing ou réalité ? »
22 produits ont été testés (crèmes hydratantes, soins contour des yeux et laits de toilette) et on reçu une note sur 20 en fonction de :
? l'absence d'ambiguïté de l'étiquetage, la conservation et la teneur en allergènes (90 % de la note finale)
? le packaging et la tolérance des produits ( 10 % restants )
Parmi les produits testés on trouve des marques classiques de
cosmétiques bio ou des marques naturelles : Logona, Les floressances,
BcomBio, Juvabio, Dermaclay, Mosqueta's Rose, L'occitane, Nuxe Bio,
Melvita, Thinkhappy et Yves Rocher.
Par contre concernant Yves rocher il aurait été intéressant de tester un produit de leur nouvelle gamme bio qui sort à la rentrée et non pas simplement une crème qui se vante d'être simplement enrichie en extraits de Camomille Bio.
Conclusion à laquelle il fallait s'attendre : Certains produits ne sont pas toujours aussi "naturels" qu'ils le prétendent et un gramme d'ingrédients bio ne permet pas de qualifier un cosmétique de bio et le dossier n'oublie pas
de mentionner à juste titre que :
- si l'on parle de cosmétique bio, il faut bien sur savoir qu'un
cosmétique est rarement à 100% bio ou alors il s'agira d'une huile
végétale ou d'un mélange d'huile végétales et d'huiles essentielles
- il faut connaître à quoi se réfère
le pourcentage d'ingrédients bio, à savoir si ce pourcentage concerne
bien la totalité du produit et pas seulement la totalité des
ingrédients végétaux. 98% des ingrédients végétaux sont bio : ce
pourcentage peut paraître élevé sauf si les ingrédients végétaux ne
représentent que 3% du produit !
Et rappelons aussi que lorsque l'on parle de cosmétique bio, il ne faut
pas s'arrêter à la composition du produit (primordiale certes) mais
analyser la marque dans son ensemble (les procédés de fabrication qui
doivent être respectueux de l'environnement, les emballages qui doivent
être réduits au minimum et non polluants, recyclés ou recyclables, un
approvisionnement dans le respect du travail des hommes et dans le
respect de la vie animale).
Autre constat sur la conservation des cosmétiques,
contrairement à une idée reçue "les cosmétiques bio se conservent moins
bien", les études ont révélé un système de conservation efficace.
L'étude pointe du doigt 2 produits labellisés : la crème Apicosma de
Melvita et le Gel contour yeux et lèvres La Clarée car les analyses ont
révélé des traces de conservateurs : parabènes et du phénoxyéthanol en
concentration extrêmement faibles (0,001 à 0,006 % pour les parabens et
0,068 % pour le phénoxyéthanol.
Il est important de préciser (car peu de consommateurs sont au courant)
que le label cosmebio autorise l'utilisation de ces conservateurs pour
la conservation des ingrédients et non du produit fini, ce qui
expliquerait les traces retrouvés dans le produit mais l'absence de
mention sur la liste inci du produit
Et oui on vous doit la transparence !
Quant à la composition des produits, rien d'étonnant, à part
les marques certifiées, on retrouve chez les autres (yves rocher,
occitane..) les composants classiques et indésirables : PEG, silicones,
paraffines, phénoxyéthanol, parabènes, tetrasodium EDTA..
UFC rappelle que le terme « naturel » n'est toujours pas réglementé et
revient sur les nombreux labels utilisés en cosmétique bio (cosmébio,
cosmeco, bdih, ecocert, nature & progrès) qui ont chacun leur
charte et leur degré d'exigences
UFC pointe aussi l'urgence d'une harmonisation des labels et des exigences de chacun qui devrait voir le jour en janvier 2009..
L'article revient enfin sur l'enquête menée en 2006 par la Direction
générale de la consommation, de la concurrence et de la répression des
fraudes (DGCCRF) auprès de plusieurs marques de cosmétiques bio ou
revendiquant un caractère bio ou naturel.
Dans l'ensemble les résultats étaient plutôt satisfaisants ! Sur 47
échantillons « « six ont été déclarés non conformes ou à suivre à cause
de la présence de produits de synthèse dans des produits qualifiés de
"naturels" ou de "bio". Une entreprise avait été sanctionnée pour avoir
présenté comme « certifiés » des produits n'ayant jamais été contrôlés.
Mais 2006 finalement c'est loin, le marché a explosé depuis, une
nouvelle enquête serait la bienvenue pour rassurer le consommateur qui
se sent un peu perdu face à une telle offre
Vous pouvez retrouver l'enquête complète sur le site UFC que Choisir si vous êtes abonné












