L’amarante contre la malnutrition en Afrique?
La graine d’amarante a des propriétés nutritionnelles exceptionnelles. Culture peu exigeante, adaptée aux climats secs, elle pourrait contribuer à lutter contre la malnutrition, notamment en Afrique. Sa richesse en zinc permet aussi de renforcer les défenses immunitaires.
Côté botanique
L’amarante fait partie de la famille des amarantacées. On l’appelle aussi "queue de renard" ou "blé des incas" (à ne pas confondre avec le "riz des incas", qu'est le quinoa). Originaire des zones tropicales et tempérées d’Amérique du Sud (elle était cultivée par les Mayas et les Aztèques) et d’Asie, elle pousse également sous nos climats. Peut-être avez-vous déjà vu dans les jardins ses inflorescences qui peuvent être, selon les espèces (il y en a plus de soixante), vertes, blanches ou rouges.L’une de ces espèces, Amaranthus retroflexus, est sauvage, c’est une «mauvaise herbe» qui pousse dans les cultures agricoles, les terrains vagues, ou au bord des chemins. Plusieurs variétés sont consommées, entre autres, Amaranthus caudatus, cruentus et hypochondriacus.
Une plante adaptée aux zones sèches
L’amarante pousse sur des sols pauvres et elle n’a pas de besoins importants en eau (40 à 50% de moins que le maïs). Par ailleurs, elle a une bonne résistance aux maladies et aux parasites. C’est donc une plante peu exigeante, potentiellement adaptée à certaines zones sèches, notamment en Afrique. D’ailleurs, elle y est déjà connue et consommée, notamment au Kenya, en Ouganda, en Zambie et au Zimbabwe.
Une aide nutritionnelle précieuse
Ses atouts nutritionnels (notamment la qualité et la richesse de ses acides aminés) permettraient d’améliorer les apports en protéines des populations souffrant de malnutrition.
Certaines maladies liées à des carences nutritionnelles, telles que le scorbut et le kwashiorkor, pourraient également être guéries par une alimentation riche en amarante, du fait de ses teneurs élevées en divers nutriments (calcium, phosphore, fer, potassium, zinc, vitamine E et complexe vitaminique B).
Selon Linus Ndonga, de la SPAS (Système Stratégique de Réduction de la Pauvreté, ONG basée à Nairobi et encourageant la culture de l’amarante en Afrique), l’amarante permettrait de nourrir deux fois plus de personnes par unité de surface que les céréales habituellement cultivées dans ces régions.
Bénéfique pour les malades du VIH
D’autre part, l’amarante présenterait des caractéristiques utiles pour les personnes souffrant de maladies telles que le VIH. Sa richesse en lysine (un acide aminé plutôt rare dans les céréales) permettrait en effet à l’organisme de lutter contre le virus de l’herpes génital, en inhibant sa croissance et sa multiplication.
Or, la grande majorité des malades du VIH sont également infectés par le HSV-2, l’herpes génital le plus courant. Les défenses immunitaires des malades du VIH, déjà affaiblies, seraient ainsi ménagées, car le virus de l’herpès tend à les épuiser encore davantage.
Les grains d’amarante contiennent également du cuivre, du sélénium et du zinc. Ce dernier intervient au niveau du système immunitaire et de la cicatrisation des plaies. Or, les personnes atteintes du VIH souffrent de carences en zinc: l’introduction de l’amarante dans l’alimentation aiderait ainsi ces malades à stabiliser leur fonction immunitaire et à réduire les complications et les effets secondaires de cette maladie.
Notons que les bébés ne pouvant être allaités par leur mère sidatique peuvent être nourris avec de l’amarante, qui leur permet de gagner du poids et de se développer normalement, voire mieux que la moyenne.
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