L'allaitement, c'est bio-logique: des bienfaits pour la mère

Pour la maman aussi, l'allaitement est plein de vertus.

Il semble bien que, comme pour l’enfant, l’allaitement a des effets bénéfiques à long terme sur la santé de la mère. Et là aussi de façon dose-dépendante: plus l’allaitement a duré, plus les effets sont importants.

Cancer du sein

De nouvelles données de l’étude CARE  (Women’s Contraceptive and Reproductive Experiences Study) montrent que chez les femmes qui ont eu leur premier enfant après 25 ans, le risque de développer un cancer du sein est nettement abaissé si elles ont allaité. Et cet effet protecteur est valable pour les différentes formes de cancer, qu’ils soient hormono-dépendants ou pas.

Diabète de type II

Des chercheurs du Brigham and Women’s Hospital de Boston (USA) ont suivi pendant au moins douze ans deux groupes de 83 585 et 73 418 femmes ayant eu des enfants.
Celles qui avaient allaité pendant au moins un an avaient environ 15 % de moins de risques de développer un diabète de type II que celles qui n’avaient pas allaité du tout. Chaque tranche de douze mois d’allaitement supplémentaire diminuait le risque de 15 % .

Polyarthrite rhumatoïde (PR)

Le risque de PR était inversement corrélé à la durée de l’allaitement : par rapport aux femmes qui n’avaient jamais allaité, il était 2,17 fois plus bas chez les femmes qui avaient allaité pendant plus de 13 mois, et 1,35 fois plus bas chez celles qui avaient allaité pendant 1 à 12 mois .

Ostéoporose

Chez des Chinoises âgées de plus de 50 ans, il existait une corrélation significative entre la durée de l’allaitement et le risque de fracture du col du fémur : ce risque était abaissé de 13 % par tranche supplémentaire de six mois d’allaitement .

Un outil de santé publique

Au vu de toutes ces études et des centaines d’autres faites au cours des vingt dernières années, on a du mal à comprendre comment, jusqu’il y a peu, l’allaitement a pu être considéré par les autorités sanitaires françaises uniquement comme une affaire de choix individuel, et pas du tout comme un sujet de santé publique.
Prenons par exemple une étude faite en Grande-Bretagne .
Les auteurs ont compilé des données sur la prévalence de l’allaitement dans le pays, sur la prévalence de l’asthme, de la maladie cœliaque et de l’obésité, et sur l’impact de l’alimentation infantile sur le risque de ces pathologies.
Ils estiment que 3 759, 9 475, 12 104 et 16 753 cas d’asthme pourraient être évités si la prévalence de l’allaitement à 3 mois était de 40 %, 54 %, 60 % et 70 %, 284, 652, 833 et 1 175 cas pour la maladie cœliaque, 1 712, 4 229, 5 353 et 7 291 cas pour l’obésité.

Depuis quelques années, les choses commencent à changer.

Le 31 janvier 2001, la Secrétaire d’Etat à la Santé de l’époque, Dominique Gillot, lançait le PNNS (Programme National Nutrition Santé) qui prévoyait entre autres « des mesures spécifiques notamment en direction des femmes pour (…) la promotion de l’allaitement maternel ».
Le PNNS a engendré nombre de programmes et de publications, par exemple en septembre 2004 un Guide nutrition des enfants et ados pour tous les parents – La santé vient en mangeant et en bougeant, qui commence par dix pages sur l’allaitement et insiste sur les avantages de l’allaitement pour l’enfant et pour la mère (notamment l’effet protecteur contre le cancer du sein).

Et début 2005 est parue la brochure déjà citée sur les bénéfices de l’allaitement pour la santé de l’enfant et de sa mère. Ecrite par le comité de nutrition de la Société Française de Pédiatrie, elle reprend pour la première fois l’intégralité des recommandations OMS : « L’allaitement maternel permet une croissance normale au moins jusqu’à l’âge de 6 mois. Il n’y a donc pas de raison d’introduire d’autres aliments avant cet âge, comme l’OMS le recommande, en insistant sur le fait que l’allaitement maternel peut être poursuivi jusqu’à l’âge de 2 ans ou même davantage, selon les souhaits de la mère, à condition d’être complété par la diversification alimentaire à partir de l’âge de 6 mois. »

Et en 2006 est sorti le deuxième PNNS (2006-2010) qui s’est donné comme objectifs de « poursuivre l’augmentation de la fréquence de choix de l’allaitement maternel exclusif à la naissance afin de passer d’environ 55 % en 2005 à 70 % en 2010 » et d’« augmenter la durée de l’allaitement maternel chez les femmes qui allaitent », grâce à une meilleure formation des professionnels de santé et une large information des futurs parents.

Espérons donc que, grâce aux efforts de tous, toutes les femmes qui le souhaitent pourront dans un avenir proche allaiter dans la sérénité, et leurs bébés bénéficier de cet « or liquide » qu’est le lait maternel.

Article rédigé à l'occasion de l'intervention de Claude Didierjean-Jouveau aux Rencontres Kousmine des 7-8 juin 2008.

Crédit photo: flickr.com/acbo
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Portrait de assekrem

je suis très sceptique : omment peut-on établir un lien de causalité "par tranche d'allaitement de 6 mois en plus"... tout ceci me semble plutôt de la belle rhétorique, et j'y vois un moyen subtil de culpabiliser les femmes qui n'allaitent pas...

hélas les chercheurs trouvent tant de pollution dans le lait des mères mal nourries que le remède est souven tpire qu ele mal et que de nombreux laits maternisés sont souvent beaucup plus sains...

 

Portrait de Anonyme

Ca c'est une réponse typiquement stupide, comme d'habitude pour que les femmes qui n'allaitent pas se déculpabilise ! Les femmes qui n'allaitent pas jugent les femmes qui allaitent, alors moi je ne vous juge pas donc laissé ces femmes tranquille qui donne leurs lait à elle. Le lait acheté n'est pas écolos et on doit faire confaince à des tirs personnes qui aiment l'argent;;; Le débat peut-être long, mais par pitié arrêter de sortir des conneries, pitié