Les spécificités de l’élevage bio (2/2)
L’élevage biologique choisit les races les plus robustes, pas forcément celles qui ont le meilleur rendement. Les maladies sont soignées naturellement, par exemple grâce à la phytothérapie. Même les poissons d’élevage et le miel bio ont leurs exigences!
Le choix de races adaptées
On choisit des races robustes, adaptées au terroir et au mode de production bio, et à croissance lente: l’abattage sera ainsi plus tardif (par exemple, 81 jours pour un poulet bio contre 45 pour un poulet conventionnel) et l’animal aura grandi à son rythme.
L’abattage est également réglementé: pas de maltraitance, pas de souffrances inutiles, pas de stress. Ou le moins possible !
Lutter naturellement contre les maladies
En bio, on mise sur le préventif: c'est la prophylaxie.
D’abord, de bonnes conditions de vie et une alimentation saine stimulent les défenses immunitaires des animaux qui sont moins fréquemment malades.
Ensuite les densités moins importantes d’animaux évitent souvent les épidémies. Rien à voir avec les élevages conventionnels où les animaux sont tellement serrés, notamment les volailles, qu’on est obligés de les gaver d’antibiotiques pour éviter les hécatombes !
Mais lorsqu’un animal est malade, il faut bien le soigner. On a recours à des médecines alternatives: oligothérapie, aromathérapie, phytothérapie, homéopathie…
Les traitements allopathiques ("conventionnels ") ne sont autorisés qu’en curatif, lorsqu’une maladie grave est déclarée et que pour sauver l’animal ou le troupeau, il faut administrer des médicaments de synthèse. Cela se fait sous la responsabilité conjointe d’un vétérinaire et de l’éleveur. Dans ce cas, le traitement est noté précisément dans un registre, que l’organisme certificateur examinera lors de ses contrôles.
Si le nombre de traitements sur un animal dépasse un certain seuil précisé par la réglementation (entre 0 et 2 par an selon les espèces), cet animal ne pourra être commercialisé comme étant bio. Par ailleurs, chaque animal traité avec un médicament allopathique ne pourra être abattu qu’après un délai deux fois plus long que le délai d’attente légal (en vigueur en conventionnel).
Enfin, le nettoyage des locaux est lui aussi surveillé : on préfère la désinfection par les huiles essentielles et les extraits végétaux plutôt que l’usage de produits chimiques.
Cas des poissons: la pisciculture bio
Les mêmes principes d’élevage sont appliqués aux poissons, en particulier les saumons.
Les densités au m3 sont limitées, les eaux doivent être de qualité supérieure (pas de pollution, par exemple), le nombre de traitements antibiotiques est limité à deux par an.
L’alimentation est contrôlée: pas de farines d’animaux terrestres, ni d’hémoglobine. Les farines de poisson doivent être exemptes de polluants et préparées selon certains critères, et on peut compléter la ration avec des protéines végétales et des sous-produits "nobles" d’animaux terrestres bio comme les produits lactés.
Comme pour les autres animaux, l’abattage est tardif: un saumon bio a besoin de 30 mois pour se développer, contre 18 mois pour un saumon conventionnel!
Notons enfin que seuls les poissons d’élevage peuvent être certifiés bio: il est en effet impossible de contrôler l’alimentation des poissons sauvages, ni la qualité des eaux dans lesquelles ils évoluent.
Et le miel?
Le miel bio aussi a son cahier des charges! Il porte notamment sur l’élevage et les soins apportés aux abeilles.
L’habitat (donc la ruche) doit être écologique, la zone de butinage est examinée également: pas de source de pollution à proximité.
La récolte du miel doit se faire sans le recours à des répulsifs et sans destruction de l’essaim. Enfin, lors de la récolte, le miel ne doit pas être chauffé au-delà de 40°C.
En savoir plus
Plus d’information sur l’agriculture bio sur le site de l’ITAB
L’étude IFOP d’avril 2005 sur les Français et la viande bio, en pdf (0,19 Mo)
Les principes de l’élevage biologique sur le site viandebio.org
La règlementation en résumé









