Les cultures végétales bio (2/2)

En agriculture biologique, il faut ruser pour se débarrasser des maladies et des parasites: puisque les produits chimiques sont interdits, l’agriculteur bio a recours à des procédés naturels. Le choix de variétés de plantes adaptées est également important.


Lutter contre les "mauvaises herbes"

Comme tous les pesticides chimiques et de synthèse (insecticides, herbicides, fongicides) sont interdits, le cultivateur bio doit ruser et se montrer plus malin que les ennemis de ses cultures.

Bien sûr, il y a le désherbage mécanique, ou même le désherbage thermique (on "chauffe" les mauvaises herbes à la flamme, ce qui les détruit). Mais d’autres techniques permettent de lutter contre les mauvaises herbes.

Par exemple, on installe des cultures "étouffantes" comme le seigle, ou "nettoyantes" comme la luzerne ou la prairie, ou encore des engrais verts: ces plantes empêchent les mauvaises herbes (aussi appelées adventices) de se développer.

Mais on ne cherche pas à détruire systématiquement ces adventices: le but est de les empêcher de devenir trop envahissantes.

Lutter contre les parasites et les maladies

Le principe est le même pour les parasites et les ravageurs: on évite qu’ils soient trop nombreux et qu’ils nuisent à la culture. Pour cela, plusieurs ruses sont possibles:

• Installer des barrages physiques (pièges, filets).

• Favoriser, voire introduire, les prédateurs naturels des espèces nuisibles (en faisant pousser à proximité des espèces de plantes qui attire les prédateurs, ou en gardant des haies, des bordures dans lesquelles ces prédateurs pourront vivre. Plus il y a de prédateurs, plus ils débarrassent le champ cultivé des parasites!). L’exemple le plus connu de ces précieux "auxiliaires biologiques" est celui des coccinelles, qui mangent les pucerons.

• Les pièges à hormones attirent également les insectes ravageurs et permettent de réduire les attaquent.

• La rotation des cultures évite aussi que les parasites d’une espèce de plante se développent trop sur la parcelle, puisque les cultures changent chaque année.

• Enfin, si la pression des parasites ou des maladies est trop forte et que la récolte est menacée, on pulvérise sur la culture des préparations à base de plantes, de silice, qui aident à éliminer champignons et insectes sans polluer le sol et les plantes.

Choisir les variétés semées

L’une des particularités de l’agriculture biologique, c’est aussi les semences qu’elle utilise.

L’Institut Technique de l’Agriculture Biologique (ITAB) met au point des semences adaptées au bio: plus résistantes, moins exigeantes, et surtout, exemptes d’OGM! Ces graines sont obligatoirement certifiées bio.

L’agriculteur choisit autant que possible des variétés locales, qui sont bien adaptées aux conditions climatiques. C’est ainsi qu’en magasin bio, on a un choix de variétés de céréales et de légumineuses bien plus important que dans la distribution conventionnelle: par exemple, le blé Kamut et le petit épeautre de Provence n’existent quasiment qu’en bio.

L’agriculture bio n’est donc pas archaïque comme on le pense souvent. C’est un mélange de savoir-faire ancien et de technicité de haut niveau. Elle repose sur des connaissances agronomiques et biologiques pointues.

En savoir plus
Un article très complet sur l'agriculture biologique (d'après le livre de Philippe Desbrosses)