Les pesticides déversés par hélicoptère menacent le bio

En traitant par hélicoptère, difficile de ne pas contaminer le champ d'à côté...

Entre août et septembre 2007, des traitements chimiques par hélicoptère avaient été effectués sur le maïs conventionnel, attaqué par la chrysomèle. Or, le pesticide utilisé avait aussi contaminé le bio, entraînant des déclassements.

La chrysomèle est un petit coléoptère ravageur du maïs: ses larves se nourrissent des racines du maïs. Originaire d'Amérique Centrale, elle est très répandue en Amérique du Nord, et a fait son apparition en Europe en 1992. En France, elle a été signalée à partir de 2002. Elle touche surtout le maïs conventionnel: la monoculture lui est favorable, car elle peut ainsi se reproduire d'une année sur l'autre.

Le bio, qui pratique la rotation des cultures (après du maïs, on sème du blé, par exemple), est moins touché par la chrysomèle, mais il est néanmoins menacé par le pesticide anti-chrysomèle utilisé en conventionnel (la deltaméthrine). Déversé à grande échelle (plusieurs milliers d'hectares traités par hélicoptère près de Lyon et de Chambéry sur avis du Service régional de la protection des végétaux), ce pesticide a contaminé l'an dernier deux producteurs bio. Conséquences:

• Production bio déclassée, et donc commercialisée en conventionnel, d'où une perte financière importante, de l'ordre de 10.000€ pour l'un d'entre eux (et toujours pas d'indemnisation à l'heure actuelle).
• Surfaces agricoles déclassées: 14 hectares de terre exploitées en bio devront à nouveau subir la période de 2 ans de conversion.

Cette année, si des traitements doivent être effectués (la chrysomèle a été détectée en juillet en Ile de France), espérons qu'ils le soient "au sol", avec un tracteur enjambeur, et non par hélicoptère. Cela limiterait le risque de contamination.

Une solution préventive serait toutefois d'appliquer en agriculture conventionnelle la rotation des cultures: le bio donne l'exemple, mais en attendant (comme pour les contaminations par les OGM, les nitrates, etc.), il paie les erreurs de l'agriculture conventionnelle intensive...

Crédit photo: flickr.com/iowa_spirit_walker

Moyenne : 5 (1 vote)